my disorder

24 février 2014

Extrait 2

C'est un peu honteux à dire, mais ce soir je me sens seule.
Je me sens seule car je souffre d'insomnie et que cela me donne le temps de penser.

Ce soir je ressens le besoin de bras, mais pas de simples membres pour m'enlacer; des bras de confiance, pour lesquels j'aurai un égard de tendresse.
Je voudrais être avec quelqu'un comme si on était ensemble depuis assez longtemps pour se faire confiance mais pas assez pour se connaître parfaitement.
Juste comme si on en était à ce stade où la gène du début, celle qui ralentit les choses qui nous fait défaut, s'est envolée, pour faire place à l'audace et piétiner je ne sais quelles formes de qu'en dira t-on. Où nos pulsions retirent leurs costumes de questions intérieures pour devenir actrices, nues sur la scène. Ce stade où les silences ne sont plus des malaises, ni pour autant des ritournelles gnan gnan; juste des vides agréables.
Et tout ça, aussi paradoxalement que cela puisse paraître; je le voudrais uniquement pour quelques heures.
Je voudrais pouvoir commander ça et le digérer tranquillement quelques heures plus tard comme un menu au fast food. Un instant sentimental fort qui disparaisse aussitôt, ne laissant que quelques traces de souvenirs à travers des sacs en papier kraft sur le sol du coin de la cuisine.
Si ça existait, je serais la première à crier au scandale et à jouer les soixante-huitarde dans les rues, clamant que les échanges affectifs et forts sont la source de sentiments profonds et qui se méritent. Qu'on ne peut donc pas les commander sur son téléphone et les avoir tout chaud dans un sac en papier quelques minutes après. Défendant les limites de ce qui est consommable et consummable ou non.
Mais là tout de suite, je dévorerai goulument cet amour sincère et utilement éphémère en cachette; comme un activiste écolo avalerai un Do suite à un dimanche soir un peu gris et un peu nul, éclairé discrètement à la bougie, derrière la porte vérouillée de son studio.
Je profiterai de tout ce qu'il y a de bon à prendre avant de m'en délecter car je ne suis pas prête à assumer ça au quotidien actuellement.
Finalement c'est une envie plutôt banale. Le genre d'envie que l'on n'assume pas tous mais à laquelle on faillit toujours au moins une fois.
L'insomnie, c'est un peu mon prospectus qui s'invite dans ma boîte au lettres, ou ma tentation d'un lendemain de soirée arrosée. Une petite obsession temporaire.
Avant de pouvoir s'empêtrer d'un autre, il faut déjà se supporter soi même.

Posté par e-nid à 01:18 - Commentaires [0] - Permalien [#]


09 novembre 2013

Grain de sucre

Tu es un grain de sucre, celui qui habite au dessus de la commissure des lèvres après le dessert.
Celui qu'on ignore et qui demeure une bonne surprise sous un coup de langue purement hasardeux .

Mais tu as fondu. Aussi vite que tu étais venu. 
Tu t'es évaporé sous les jupes d'une autre, me laissant avec du sang plein la bouche parce que je me suis mordu.

Posté par e-nid à 08:21 - Commentaires [7] - Permalien [#]

23 juin 2013

Retrouvailles

Alors que je me sentais comme de ces animaux éventrés, la tête en bas et les organes béants dans un décor d'inox, un phénomène étrange qui relève du destin a transformé cet état végétatif mortuaire en euphorie insoutenable.
J'étais en train de m'évertuer à cellophaniser l'ego d'un gentil jouet, souriant et vide comme les autres, qui m'avait été utile à l'absorption de mon mal être, lui expliquant avec une franchise tranchante que j'avais la ferme intention d'arrêter de baiser par politesse ou par ennui; juste là. Ce genre d'instant où la prière pour une action mystique sortie de nulle part qui pourrait nous sortir de là se fait avec minutie; il est sorti de je ne sais où.
Et là les oeillères font le reste, le sourire indécollable et très mal placé dans ce genre de situation s'impose, tout est hors de contrôle, on se retrouve aussi seul que dans un ascenseur alors tout est possible et on ne se soucie guère d'autrui. C'est une espèce de sensation d'orgasme physique, comme de l'héroïne glacée qu'on sentirait passer dans les veines, sous la peau, à s'en faire dresser les poils jusqu'au plafond.
Le timing c'est ça qu'on dit? Je ne sais quelle énergie mystique l'a poussé à me retrouver maintenant, mais c'était on ne peut mieux choisi. Dire que j'en parlais y'a de ça dix jours à peine.. On ne peut plus croire aux coïncidences, c'est bien plus complexe que ça.
Plus rien ne m'importe, je suis imperméable aux derniers souvenirs qui m'avaient amochés comme si l'on me montrait des photos de famille d'un inconnu. Les blessures récentes ont disparu sans même laisser de cicatrices, de manière presque effervescente. Le passé plus profond me brûle les tripes et s'est ravivé instantanément comme un craquement d'allumette. C'est presque trop facile. C'en est agaçant.
Je n'aurais jamais crû renouer avec mon fossoyeur d'organe vital, le responsable de ma quête vaine vers quelque chose de stable; et au lieu de lui cracher dessus, je vais courir dans un train pour le prendre dans mes bras et me sentir à nouveau enfin complètement humaine quelques instants..6 ans après.
C'est pathétique. Mais je m'en bat les couilles.

Posté par e-nid à 21:55 - Commentaires [1] - Permalien [#]

09 juin 2013

Discussion nocturne

"Ouais y'a eu un truc chimique, le genre de truc qui te dévierge le cœur et qui paradoxalement te rend puceau des sentiments purs pour toute ta vie après ."
- " C'est à dire?"
"Disons les sentiments forts, rapides, profonds. Sans ombres au tableau, sans cicatrices et sans vergogne."

Posté par e-nid à 00:22 - Commentaires [0] - Permalien [#]

01 décembre 2012

L'instant à la coque

Ou comment se sentir flétrie de l'intérieur en un instant, créant une petite mort animée par un bal de fées pleureuses; car jadis habillées de coquelicots qui ont désormais fait place à des robes de feuilles maronnasses séchés; le tout sous un ciel de cendres grisés d'une nuit hostile.
Un décor planté sans alerte, comme un changement de saison violent sordide, comme un coup de cuillère en inox, froid, sec.
On a couru sur des oeufs fécondés, il y a eu de la casse et des assassinats; meurtres d'une innocence et du juvénile, une entaille. La première.
Ce qui décuple ses effets.
On a créé des miettes de massacres, un coup d'aiguille, un truc à avaler autre qu'un yaourt quand on a une bonne angine.
On enfile les costumes de Mr tout le monde tout en pleurant en silence, et comme beaucoup de massacres dans le monde, ça passera inaperçu.

Posté par e-nid à 23:15 - Commentaires [1] - Permalien [#]


04 septembre 2012

La petite boîte

J'ai toujours eu un problème avec les petites boîtes,
Mon père m'en offrait à la moindre opportunité comme à la moindre non-occasion; toutes aussi minimes, colorées et farfelues les unes que les autres.
Certaines venaient de très loin, et chacune avait sa fonction de gardienne particulière pour tout les objets précieux de ma vie de petite fille.
Les perles en plastique et les mots secrets dans un bout de feuille de classeur plié en huit, ont maintenant fait place à d'autres sortes de trésors comme contenu. J'ai maintenant une boîte à cigarettes, une boîte à drogue, une boîte à larmes, une boîte à sourires, une boîte à musique..
Avouer une chose pareille est semblable à la facilité qu'on pourrait avoir à appuyer sur une de nos plaie à vif ou à surmonter une humiliation publique extrême; mais j'ai toujours crû que les choses étaient un peu magiques, imperméables au temps, plus précieuses et plus secrètes lorsqu'elles étaient dans une petite boîte.
J'ai la fâcheuse tendance à mettre les gens dans des cases, et rarement dans des boîtes. ( Peut être parce que le jugement et la méprise sont plus simples à utiliser avec autrui. "Devenir grand et ne pas se mouiller", certainement le plus grand mensonge qui soit, une belle illusion qu'on peut nourrir longtemps, comme un cancer. )
Mais aujourd'hui, en émettant certaines réserves tout de même; je me dis que j'échangerais bien celles que je possède contre une nouvelle, une dans laquelle je pourrais t'y loger. Je t'aurais dans mon sac ou dans ma poche, jamais très loin.
Je ne sais pas trop pourquoi toi, mais tu es un peu comme ces légendes urbaines qu'on prend pour argent comptant. Quoiqu'il en soit je te crois magique et précieux.
Je ne sais pas encore si tu es imperméable au temps, et tu n'es plus trop un secret; mais c'est là tout l'interêt à vouloir te garder quelque part.
A l'instant T, tu es ce bout de feuille de classeur, ces petites perles kitsch du bazar paki de belleville, ma cigarette du soir, ma musique pour aller courir; et toutes ces petites choses dont j'ai eu besoin dans mon sac ou dans une poche, pas très loin..
J'ai laissé tomber les armes et je dois dire que ça me fout un peu la trouille; la vulnérabilité a rarement été pour quelqu'un une force, mais il est avouable à demi mot que le revers de la crainte et l'adrénaline qu'elle procure sont exquis.
Quoiqu'il advienne, merci de faire à nouveau de moi une petite fille. ça me manquait un peu.

Posté par e-nid à 22:03 - Commentaires [0] - Permalien [#]

23 juillet 2012

A l'aube des désilussions sous intraveineuse

J'aurai voulu comprendre, quel type de raisonnement déclencha cet élan de violence gratuit: mais pour des raisons évidentes, j'ai préféré m'enfuir.
Pourquoi après avoir accompli ma mission du samedi soir consistant à combler le manque de palpitations dans mes veines par de l'euphorie liquide, et le manque d'oxygène dans ma vie par des nuages de cigarettes dans mes poumons; je me suis retrouvée là, le poignet broyé sous la virulence tenace d'un autre perfusé aux jus de fruits distillés, bien décidé à me foutre ma main au paquet quite à ce que le reste du corps ne suive pas et cède sous la force du geste.
Se serait il satisfait de mes doigts morts et bleutés?
Voilà certainement un des plus grands mystères jamais élucidé.
Sommes nous vraiment capable de rire aux éclats face à quelqu'un qui nous chatouille  à regrets; avec des joues salées, brûlées, saignantes, sous le feu d'un orchestre lacrymal sordide?
Est ce qu'on gagne quand même l'endorphine si on crache son lait dans une fille pleine de rimmel dévasté car inégalement éparse sur un visage trempé; qui hurle de désespoir face à cette injustice inqualifiable qui lui est tombée dessus juste parce qu'elle s'est perfusée de jus de sucre fermentés, qu'elle portait une robe courte, et qu'elle rentrait à pieds ?
"Je croyais en l'humanité", ça sonne bien pour un tatouage de pseudo torturée qui s'accuse de tout sauf de l'irréfutable réalité d'un inutile cliché fahion-vomis qui ne sait pas gérer son narcissisme.
Je crois toujours en l'humanité; mais pas le dimanche matin.

Posté par e-nid à 00:15 - Commentaires [1] - Permalien [#]

30 juin 2012

Le comble du comble..

..c'est que même l'insipide peut créer en vous cette chose innommable qui laisse une scène dévastatrice d'un chaos horrifiant au fond de soi.
Juste avec quelques armes: Le temps, l'ennui, la répétition, l'installation d'un repère spatio-tempo-affectif, et un joli minois.
Tout ces facteurs assemblés peuvent créer la confusion intérieure ultime qui met sentiments et ressentis sur un dangereux pied d’égalité. Il est alors plutôt facile d'assimiler les choses n'importe comment et d'avoir une sensation de mal au ventre alors que c'est l'ego qui crie de douleur à en chialer par terre.
J'ai perdu ma peluche préférée si tu préfères. Elle était jolie et elle sentait bon. Rien de plus à creuser.
Rien n'est insurmontable. Mais j'ai plus de cigarettes. J'ai plus de mouchoirs non plus.
Et j'ai mal au ventre.

Posté par e-nid à 01:38 - Commentaires [6] - Permalien [#]

02 mars 2012

Good morning. Et bon anniversaire. En retard.

 

Wouaah..

Je suis vraiment en colère. Je ne trouve même pas la solution pour retranscrire cette émotion dans un texte assez subtil pour que ça n'atteigne personne et tout le monde à la fois.
Je me suis réveillée.
Il y a des autrui qui te révèlent et il y a ceux qui te réveillent.

Qui relèvent ce coté sombre bien enfoui qu'on avait pris pour acquis et surtout pour enterré.
Il a suffit d'un certain nombres d’événements détestables en chaine sur un espace temps qui a fait défaut pour que cela se produise; l’extrême opposé de moi même vient de re basculer. Tout a changé.

Je ressens du dégoût en permanence, pour tout et surtout pour tout le monde. Tout est fade et incroyablement affligeant. Tout sur quoi se pose mon regard n'inspire désormais que le dédain.
Je reprends cette tendance singulière et malsaine qu'est celle de ressentir du plaisir face à l'embarras des autres. Appuyer là où il ne faut pas, avec le sourire de satisfaction et la contemplation; le tout dans une certaine plénitude.

Je ressens de l'excitation à me repaître de ce personnage funeste.
J'ai la prétention insondable de me sentir supérieure à la majorité de vous tous.
J'ai envie de manipulation, de destruction et de chaos à tout les niveaux. Une explosion, une éruption.
Je veux blesser et jouir de cela. Réaction somme toute infantile à souhait.
Je n'ai certainement pas grandis aujourd'hui.


Posté par e-nid à 23:10 - Commentaires [0] - Permalien [#]

27 février 2012

La réalité elle est là

La réalité elle est là.
La vantardise d'une vie pleine d'excès pour faire croire à autrui qu'il voudrait être nous.
Comme si on était libre et invincible, comme si on maîtrisait les choses, les gens, notre vie; avec talent et précision.
Comme si on était fort, capable, et doué; pour se foutre de tout et de tout le monde.
Souvent, l'effet escompté est là. Autrui mord à l'hameçon et désire notre vie de merde qu'on a pris soin d'emballer avec minutie.
Le fait est qu'on ne peut tout simplement prétendre à rien d'autre.On est une coquille vide, qui une fois la lumière éteinte s'apitoie sur le sort qu'elle s'afflige. On n'est ni libre ni fort; on est juste seul et incroyablement pitoyable. On est personne et on est rien.
La triste réalité elle est là.

Posté par e-nid à 18:58 - Commentaires [3] - Permalien [#]

22 janvier 2012

La maladie des multiples éventualités.

Je me suis toujours demandé si c'était un problème culturel tout ça. Pire, un "héritage" psychologique familial, ce qui attise l'angoisse au final.
C'est justement d'anxiété dont je veux parler, et plus particulièrement de paranoïa.
Évidemment je ne viens pas approfondir l'étude d'un état caractéristique de l'extremiste paranoïaque. Non. Il s'agit là de la petite parano du quotidien qui habite certains d'entre nous. Cette obligation de tout éplucher au millimètre près et garder de côté chaque petit tas de saloperies d'éventualités un peu partout, comme des post it sur un frigo.
Ce qui est bien plus malsain au final, car s'avouer qu'on est un peu tordue est beaucoup moins évident pour une personne lambda que pour ces fous libres que j'envie un peu parfois.
Cet espèce de jeu sadique dont on est le maître et l'acteur principal,l' unique d'ailleurs;  est-ce une torture pour tuer le temps? Non c'est vrai, c'est souvent les gens qui s'ennuient qui sont les plus irritants..
Les joies des nouvelles technologies nous éloignant de plus en plus du théâtre de la vie, la vraie, a-t-il une conséquence directe sur notre incompréhension grandissante?
Incompréhension qui nous pousse souvent à se jeter sur le mauvais tas de saloperies mis de côté, et à réagir de manière violente et insensée face à la personne concernée par l'objet de la question tortuante du jour. T'imagines le bordel un peu?
Tout ça peut amener à des scènes super cocasses, le truc improbable où tu te prends une tôlée alors que tu n'as rien fait; si ce n'est occuper les pensées d'un(e) tordu(e) car tu n'as pas eu le temps de mettre la ponctuation dans ton dernier message envoyé.
Je ne sais pas quelle est la place la plus enviable entre celui qui ne comprend rien face à une telle scène; et celui qui s'est abîmé l'esprit pendant des heures/jours en remuant du vide pour fabriquer des problèmes.
Je crois avoir répondu à tout ce tas de questions depuis longtemps finalement.
Si on cessait de laisser la place au vide pour cuisiner des problèmes inexistants; on aurait ni le temps ni les moyens de le faire; et je crois qu'on irait mieux.

Posté par e-nid à 21:30 - Commentaires [0] - Permalien [#]

05 décembre 2011

"Et sinon, t'as fait quoi de ta journée? "
- J'ai changé douze fois de statuts facebook, j'ai lu un livre d'une traite; et j'ai tenté de me suicider avec un rasoir de sous marque pour rire, parce que je savais que ça marcherait jamais.

[L'inactivité  tue.]

Posté par e-nid à 17:18 - Commentaires [2] - Permalien [#]

23 novembre 2011

Faire sa valise..

....c'est comme tirer sur la petite peau autour des ongles jusqu'à ce que ça parte trop profond et que nos globules rouges s'occupent de combler le trou béant qu'on y laisse.

C'est fou comme on s'habitue vite aux choses sur une courte durée, et que le retour aux habitudes bien ancrées et bien anciennes soit si perturbant.
Je n'arrive pas à mettre mon doigt dans la bouche pour arrêter le saignement, je sais d'avance que ça ne soulagera rien.. et j'ai beau souffler dessus ça pique toujours autant.
Saleté d'petite peau de merde.

Posté par e-nid à 18:20 - Commentaires [0] - Permalien [#]

22 novembre 2011

Rêves éventrés.

Des bris de rêve m’éventrent le fond de de la gorge.
T'as déjà vomi  des étoiles cassées toi?
Un régime d'étincelles, je m'étais nourris à la soupe d'étincelles pendant des mois..
Et maintenant je suis là, à devoir rendre ce crédit d'étoiles de verre goulument avalées.
Chaque passage de ces cadavres d'objets célestes dans cette symphonie de mouvements péristaltiques inversés me déchire les entrailles.
Chaque pointe de leurs branches aiguisées accentué par leur passage sous mes dents est devenue cruellement découpante.
Je vomis du sang et des paillettes. On dirait du gloss fondu..
C'est un spectacle détestable.

 

Posté par e-nid à 00:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]

21 novembre 2011

Voir du pays

Il est temps de commencer une nouvelle ère pour du vrai. S'enticher de personne, ne pas arrêter de fumer, et partir très très loin.
Ecouter iggy pop dans une voiture cassée, crier à corps et à cœurs perdus dans un ascenseur, vendre ses larmes à un oreiller qu'on torture en silence et en secret dans l'obscurité d'une nuit calme, et surtout, ne jamais s'arrêter sur sa route.

Posté par e-nid à 23:58 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Poem of the atoms

On est comme deux électrons libres, et pourtant si on réussit à détourner les lois de la physique et que nos lèvres s’entrechoquent, ça fait des étincelles.C'est l'hypothèse.
Est-ce qu’on va exploser tout les deux, ou l’un de nous restera sur le trottoir comme un cadavre de poubelle cruellement déchirée, dont le cœur aura été violemment dévoré par un chien errant, et dont les lambeaux de peau percée traîneront sur le goudron glacé par la rosée du matin étroitement mélangée aux fuites du camion benne qui , même lui, n’aura pas voulu d’elle ?

 

Posté par e-nid à 23:57 - Commentaires [0] - Permalien [#]

C'est l'horreur !

Les plantes ont crevé, les bouteilles ont poussé, les fringues jonchent le sol, les cendres gravitent dans l’air, la vaisselle sale grouille, la machine à laver tourne, l’étendoir à linge est plein..je ne sais pas par où commencer..ON VA TOUS MOURIR.

Posté par e-nid à 23:54 - Commentaires [0] - Permalien [#]

les baskets fusées

La journée commençait plutôt bien, un réveil-cicatrices de la soirée de la veille, avec le cendrier au fond de la bouche. Une escapade dans les beaux quartier, et des centaines de secondes pour flâner.
Oui, tout allait plutôt bien jusqu'à ce que, (c'est vraiment nul d'essayer de faire du suspens à ce moment là, parce qu'on sait tous que le premier fil conducteur de l'ascenseur émotionnel n'appartenant pas à notre corps est le téléphone, ça ne dérogea donc pas à la règle), le téléphone donc, sonne et la suite déclenche en moi le bruit d'oisillons brisés dans un poing fermé.
Mon frère repart au pays qui pue la colle néoprène.
Ni une ni deux, je m'empare de la première paire de chaussures adéquat pour se croire homme-fusée et voler sur les trottoirs-routes, slalomer entre les poussettes-vélos-charrettes-sacs de courses avec des gens devant-derrière-dedans; s'excuser d'avoir failli mourir sous les roues de certains.. et enfin arriver dans ce bâtiment-carrelages où, une fois les portes automatiques franchies, nous plonge violemment dans le monde du plastico-sterilisé.
Là encore, pas le temps de reprendre son souffle qui vous cisaille vicieusement la gorge; c'est un mic-mac égale à un tracé de lignes de métro.. Les baskets-fusées courent-tournent-prennent l'escalier-l'ascenseur-les passerelles pour enfin me lâcher brusquement comme un atterrissage forcée face à mon frère et des tuyaux autour, et du plastoc partout, et de la fumée partout, dans son nez, dans sa bouche..
Mes baskets-fusées sont salies par mes boyaux et les éclaboussures qu'ils déclenchent au contact du sol suite à mon éventrement. Je ne peux rien faire, je tiens juste sa petite patte de moineau dans mon poing fermé..
Et mes baskets son sales.

Posté par e-nid à 23:53 - Commentaires [1] - Permalien [#]

"Mais"

4 putains de lettres pour un mot-mine. Le truc bien enfoui sous la terre; tu te ballades tranquille et hop, ta jambe s’envole à jamais. C’est un peu ça.
Ce mot si simple et si banal n’en reste pas moins sournois. Il surgit de nul part comme un voisin sans vie qui déboule dans le hall d’immeuble à l’entente des cliquetis de votre clé dans la boîte aux lettres. Là il vous sort cet air étonné de surprise surjoué accompagné d’un «ha tiens bonjour!», alors qu’il guettait dans l’œil de sa porte depuis 5 bonnes minutes, et qu’il savait très bien que vous étiez là. Vous ,vous êtes surpris, et ça vous fait chier pour dire les choses comme il faut. Et pourtant, c’est celui au courant qui joue le mieux l’effet d’imprévu.Les comportements humains sont d’une complexité intense incroyablement intéressante.
Revenons en à ce «mais» sournois qui suscite tant de métaphores pour imager sa vilenie.
Après tout nous le connaissons tous, ce «mais» qui peut vouloir dire: «non mais laisse tomber on ne te prolongera pas ton CDD»; ou: «la robe est belle, c’est toi qu’est moche»; «la nuit dernière c’était bien POINT. J‘te reniquerai p‘tet la semaine prochaine, j‘ai rien de prévu pour le week end.»; ou encore: «ça me fait chier de t‘accompagner à l‘aéroport, c‘est le premier jour des soldes !»; « C’est pas parce que je n’ai pas de projet pour demain que j’ai envie de te voir», «votre profil est parfait pour ce poste et pourtant on prend quelqu'un d’autre!».
Si tout ces mots vous parlent, vous font sourire ou autre, sachez que vous les avez vous-même, nous les avons nous-même, utilisés à des fins similaires. C’est peut être ça d’ailleurs, la magie des mots et des relations humaines; pouvoir passer d’acteur principal à second rôle en un claquement de doigts, tout ces retournements de situations maléfiquement beaux ou laids qui nous permettent d‘être parfois un minimum compréhensifs.
Quoiqu’il en soit ce «mais» me colle aux baskets comme un connard de caniche qui ne s’est jamais pris de baffe dans la gueule, alors pourquoi se gênerait il pour copuler grassement avec votre bras ou votre jambe? Ou encore comme le gros et grand berger allemand de la grosse voisine, qui pue, que vous croisez dans la boulangerie et ne peut s’empêcher , sa taille aidant, de vous renifler là où je pense avec son museau froid et trempé. Voilà, maintenant tout le monde pense que ça sent les fonds marins dans votre culotte, et que vous n’utilisez pas le Gel douche intiméa. Pourtant vous êtes bien propre, et n’avez rien demandé à personne.
Et bien oui, c’est exactement ça l’injustice du «Mais.».
Le jour où je pourrais lui foutre un coup de pied en douce je me sentirais peut être mieux.

Posté par e-nid à 23:52 - Commentaires [2] - Permalien [#]

S'éprendre: S'enticher ardemment de quelqu'un.

Les fibres de mon vieux pull préféré que je m’amuse à ronger en permanence
Les deux à-coups sur la table du filtre d’une cigarette avant de l’allumer
Le yaourt collé sous l’étiquette qu’on lèche après son ouverture
La mèche de cheveux que je tortille autour de mon index lorsque je suis au téléphone..
Tu étais un peu comme toutes ces habitudes, et c’est un peu violent quand il faut arrêter net sans en avoir été informé au préalable.
Tu m’as cruellement coupé les mains, la langue, et les cheveux; en l’espace de quelques minutes.
Et dans cette boucherie dégueulasse s'ajoute une fêlure à ma collec' de petites entailles.

Posté par e-nid à 23:50 - Commentaires [0] - Permalien [#]